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La culotte blanche de Silvana resplendit sous les cieux cléments de Lipari. Offerte aux légers vents, l’étoffe repose sur un moteur en feu. Elle attend un prince charmant monté sur bicyclette, en espérant qu’un jour il la baisse. C’est comme ça, la fille du garagiste est un peu simplette.

Pas de pot pour la belle, le jeune Amadeo n’a de l’amour que le prénom. Il ne cède pas à l’envie de sa peau, pas plus aujourd’hui que la veille. Pas plus cette fois-là que les 2343 fois précédentes. Le garçon a d’autres urgences, d’autres rituels à accomplir. Alors, c’est l’échappement… et tant pis pour la bielle !

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Don Palermo patiente dans sa villa baignée de soleil, devant la mer qui se languit. Amadeo arrive enfin, pour lui servir son café quotidien et lui lire l’horoscope. La rubrique “Amour” surtout, parce que le travail et la santé… et bien il s’en fout !

A la lecture du canard, le vieil homme se confie. Débute alors l’histoire dans l’histoire, le coeur du récit…

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Teofilio Palermo est un enfant de la balle, né aux Etats-Unis d’une mère acrobate et d’un père magicien. Transpercé par le sabre du fakir, le mari n’aura pas le loisir d’assister aux gymnastiques sexuelles de son épouse. Il finira dévoré par l’ours Roosevelt, seul véritable ami de son fils. La rencontre de ce dernier avec le mafieux Don Pomodoro fera basculer le cours de sa vie.

En effet, à l’occasion d’une fête organisée par le fameux bandit, le gros Roosevelt s’effondre. Sa boîte crânienne a été perforée d’une balle, tirée à bout portant par le truand. Comme ça, juste pour la détente… et parce qu’il lui faut au moins un mort dans la journée pour bien vivre. Révolté, Teofilio est à deux doigts d’y passer à son tour. Il se reprend juste à temps, estimant qu’il vaut peut-être mieux d’abord faire profil bas et, ensuite, échafauder patiemment sa vengeance.

Ainsi le jeune homme gagne-t-il, petit à petit, la confiance de l’assassin… et rencontre-t-il bientôt sa fille, la délicieuse Mietta, alors qu’il prend un bain !

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On ne s’ennuie pas une seconde, à la lecture du scénario bâti de main de maître par Zidrou. Le procédé, certes classique, qui voit deux histoires se développer parallèlement (l’une au passé, l’autre au présent) pour n’en former finalement qu’une seule, fonctionne ici admirablement. Les dialogues quant à eux sont bruts et pétillants. Ils viennent donner beaucoup de corps aux personnages. L’humour, corrosif, est omniprésent.

Au dessin, Oriol fait également admirer son talent. Des traits tranchants viennent modeler des visages anguleux, comme taillés à la serpe. Ils accompagnent à merveille un récit où domine la violence.

Celle des armes et celle des sentiments.

Bert’

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Titre
Scénariste
Dessinateur
Editeur
La Peau de l’Ours Zidrou Oriol Dargaud