Fuir à travers le bayou, tendre les bras vers le vide et plonger pour échapper aux chiens et aux hommes… Les premières planches du nouvel album de Réné Follet et de Pascal Bresson qui collaborent à nouveau (après l’Affaire Dominici en 2010), s’ouvrent sur le regard terrifié d’un homme traqué par des fantômes blancs.

© Glénat

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Nous sommes en Louisiane en 1933, à Kentwood, petite ville où les Sanders, riches propriétaires ont tout pouvoir. Doug Watson travaille comme les autres pour eux, pour ces blancs qui les exploitent.

Pascal Bresson, scénariste, décrit la vie de ces noirs “tristement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination” (Martin Luther King) et l’impunité avec laquelle elle peut être détruite. Les lavis de René Follet expriment toute la fragilité de ces destins en mouvement qui ploient sous les coups, s’effacent à la lueur des torches.

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Les mots de Pascal Bresson prennent forme grâce au pinceau de René Follet qui excelle à peindre le visage et l’âme de ce garçon prenant conscience de son impuissance à lutter contre un racisme violent et ordinaire dans ce sud profond. Comment survivre et faire face ?

Les poings fermés, Doug va s’opposer au Klan et à sa foudre, il rend les coups, hurle, rêve de justice. A la faveur d’une rencontre, il part et devient boxeur à la Nouvelle-Orléans. Initiation d’un homme qui va devoir apprivoiser sa haine.

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La vie est complexe et pleine de surprises, Doug Watson trouvera sa place dans cette société en mutation au retour de la seconde guerre mondiale. Le message est humaniste, la tolérance semble l’emporter avec le temps et faire que “les fruits étranges cessent de se balancer aux branches des peupliers”.

Véro.

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